Soeur Angèle Héroux, n.d.a.

Soeur
BIOGRAPHIE DE NOTRE SŒUR AINÉE
Par la famille
Sœur Angèle Héroux, n.d.a.
Les Sœurs de Notre-Dame-Auxiliatrice
1925 – 2013

 

Le 8 novembre 2013, à la Maison mère des Soeurs de Notre-Dame-Auxiliatrice de Rouyn- Noranda est décédée Sœur Angèle Héroux, en religion (Sœur Marie-Lucie-de-Jésus) à l’âge de 88 ans, dont 61 ans de vie religieuse. Les funérailles furent présidées par Mgr Dorylas Moreau, évêque du diocèse de Rouyn-Noranda. Étaient présents les membres de sa communauté, ses frères et sœurs, ainsi que plusieurs parents et amis.

Vie en famille

Fille d’Alfred et de Jeannette Laferrière, Angèle est née le 15 avril 1925 à Judge, Ontario, canton de Casey sur la rivière Blanche. Elle fut baptisée le même jour en la paroisse Saint- Joseph à Notre-Dame-du-Nord, Québec. Judge faisait partie de la paroisse de Belle-Vallée mais à cause de la grande distance de cette église une dispense avait été obtenue pour fréquenter la paroisse plus proche de Notre-Dame-du-Nord. Son père, Alfred est né en 1896 à Sorel, Québec. Boulanger, cultivateur et greffier, il est diplômé de l’Académie de la Salle à Trois-Rivières. Sa mère, Jeannette est née en 1903 à Saint-Cyrille de Wendover. Institutrice, elle est diplômée de l’École Normale à Ville-Marie. Les grands-parents Victor Héroux et Marie Massé arrivent de Maskinongé à Judge en 1921. Ils survécurent le Grand Feu d’Haileybury d’octobre1922 mais perdirent tout leurs effets personnels et les bâtiments excepté une grange neuve.

La famille d’Alfred et Jeannette comprend douze enfants, quatre filles et huit garçons, tous nés à la maison sur la ferme paternelle assistés d’une sage femme. La naissance d’Angèle sera suivie de celles d’André, Louis-Jules, Juliette, Marcel, Victor, Pauline, Florent, Clément, Émile, Lucie et Claude.

Les grands-parents Héroux, Victor (1861-1937) et Marie (1863-1926) vécurent leurs dernières années avec Alfred et Jeannette et la famille, ainsi que plus tard le grand-père, Josaphat Laferrière, veuf (1865-1944).

La petite première, Angèle, reçoit l’attention et l’affection de ses parents mais aussi des grands-parents Héroux car ils vivent tous sous le même toit. Sa mère institutrice lui apprend très jeune à lire. A l’âge de 8 ans, elle fait sa première communion le 6 mars 1933 à Notre- Dame-du-Nord.

Ayant atteint l’âge de garder ses frères et sœurs plus jeunes, elle aimait jouer à l’institutrice au chagrin des petits gars qui préféraient aller jouer dans la grange ou le long de la rivière.

Sa 10ième année terminée à l’école de Judge, elle est pensionnaire pour 3 ans à l’Académie Sainte-Marie à Haileybury. Elle réussit très bien ses cours. Ensuite en septembre 1943, elle prend le cours d’enseignante à l’École Normale de l’Université d’Ottawa. Aux vacances de Pâques en 1944, elle se rend visiter la parenté à Montréal, à Shawinigan et à Maskinongé d’où viennent ses parents. Après sa graduation, Angèle enseignera à l’école de Judge. En août 1946, elle entre chez les Sœurs Grises d’Ottawa. Postulante, elle enseignera 4 mois à Ottawa et ensuite à Verner, Ontario. En août 1947, les Sœurs Grises lui annoncent que pour raison de santé elles ne peuvent l’accepter dans leur communauté.

Elle revient chez ses parents à Earlton et enseigne à Thornloe. En août 1949, elle entre chez les Sœurs de Notre-Dame-Auxiliatrice à Rouyn.

Ses obédiences

Sa dévotion envers sa communauté et la fidélité à ses voeux de profession seront sans faille durant 61 ans de vie religieuse.

Son service apostolique la dirige vers l’enseignement à Rouyn-Noranda, au secrétariat à l’évêché à Haileybury et à la Maison du Pardon à Nicolet, bibliothécaire au Séminaire Saint- Michel et à l’Institut Secondaire Notre-Dame-du-Sourire à Rouyn-Noranda, animatrice de pastorale à Belleterre, organisatrice de rencontres mariales avec conférences dans les paroisses des diocèses de Rouyn-Noranda, Amos, Timmins et Hearst. Elle termine ses dernières années d’aspostolat à Rouyn-Noranda en poursuivant son ministère d’accompagnement et de présence auprès des démunis de toutes conditions.

Affection pour sa famille, la généalogie et l’histoire

Sa grande affection pour sa famille et la parenté lui fournit l’occasion annuellement de visiter durant ses vacances, frères et sœurs, neveux et nièces et souvent cousins et cousines. Elle publie en décembre de chaque année une lettre de nouvelles de chacune des familles. La généalogie et l’histoire la passionnent. Elle publie la petite histoire des familles Héroux des deux Témiscamingue, Ontario et Québec. Avec l’aide de ses parents, de Florent et Jeannine son épouse, elle publie l’histoire des grands-parents Héroux/Laferrière. Sa contribution comme archiviste à la fondation de l’Association des familles Héroux inc. et au sein de la Région Abitibi-Témiscamingue lui ont apporté de grandes joies dans les rencontres avec les membres des autres familles Héroux descendant du même ancêtre.

Dernier adieu

Mgr Dorylas Moreau, dans son homélie aux funérailles de Sœur Angèle, nous rapelle que “quand le prophète Isaïe nous parle de la mort, il la compare à un “grand festin préparé sur la montagne pour tous les peuples”. C’est plutôt la fête, la joie et la rencontre d’amour entre tous les vivants. Voilà la foi et l’espérance que Sœur Angèle a su puiser dans la Parole de Dieu et entretenir en son coeur, tout au long de ses 61 ans de vie religieuse. Elle a été une femme d’espérance capable de partager sa foi à tout venant qui s’adressait à elle. Et ce joyeux témoignage de foi lui “donnait des ailes” m’a-t-elle dit un jour.”

Et Monseigneur de continuer: “Ici, à Rouyn-Noranda, tous les pauvres connaissaient et appréciaient Soeur Angèle. Spontanément, elle se faisait proche des démunis de toutes conditions, au sein des divers organismes de bienfaisance de la ville en faveur des défavorisés. Elle connaissait chaque personne pauvre ou itinérante par leur nom et ces gens la connaissaient par son nom. J’ai été touché tant de fois par leurs témoignages à son égard. Et le texte du jugement dernier de saint Mathieu le dit admirablement: “J’ai eu faim, j’ai eu soif, j’étais étranger, seul ou malade, et vous êtes venus jusqu’à moi?…. Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait!” Soeur Angèle avait compris que le lieu de notre relation à Dieu, notre temple ou notre sanctuaire, c’est la relation au plus petit, c’est notre vie fraternelle et l’attention spéciale que nous donnons aux plus démunis. Elle savait que Jésus se confond avec eux. Et dans sa vie d’adoratrice où elle était d’une fidélité sans faille, elle ne les oubliait pas dans sa prière qu’elle pensait toujours trop imparfaite”.

Un autre trait particulier de témoignage d’Angèle, c’est son sourire marqué au coin d’espièglerie mais illuminant tous ceux et celles qui la visitaient. Au cours des derniers mois, sa maladie et son vieillissement ont fait qu’elle avait perdu l’usage de la parole et probablement la vision. Mais tout son être était devenu sourire d’attachement et de reconnaissance pour ses visiteurs et celles qui lui prodiguaient soin et amour. Son existence était devenue sourire à propos de tout et de rien, sa seule manière bien à elle de communiquer. Pour être vrai, on ne saurait taire son originalité. Mais c’était tellement bon enfant et sans aucune méchanceté, qu’on ne pouvait ne pas lui pardonner”.

Mgr Moreau termine son homélie par ces paroles: “ Et vous, Angèle, entendez l’appel de Dieu qui vous invite: “Viens, bénie de mon Père, reçois en héritage le Royaume préparé pour toi depuis la création du monde” (Mt 25, 34). Amen (Signé: Dorylas Moreau)

Chère Angèle nous t’aimons bien. Repose en paix dans l’attente du grand rassemblement. Tes frères et sœurs.

Académie Sainte-Marie 12e Haileybury 1943

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *